Neuroatypie et vacances... pas toujours un combo gagnant sauf si...
- sophiegracz
- 17 juil.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 juil.
"Les étiquettes, cela ne sert à rien" "Tous ces diagnostics, c'est vraiment la mode" "T'as pas l'air autiste"... Ces phrases "banales" sont bien souvent reprises sur les réseaux sociaux par des thérapeutes, personnes neuroatypiques, bloggeurs... afin de les déconstruire. Et je comprends parfaitement cette tendance. En effet ces phrases maladroites, validistes ou simplement un peu ignorantes blessent, génèrent de la colère chez les personnes qui connaissent une réalité intérieure difficile quelle que soit leur neuroatypie (TDAH, TSA, AUDHD et même HPI ou hypersensibilté). Et en ce moment de vacances, je me rends compte à quel point il est important de se connaitre, de se comprendre, de répondre à ses besoins aussi extrêmes soient-ils. Et les diagnostics, hé bien, c'est à cela, qu'ils servent! Cerner son fonctionnement est déjà essentiel lorsque tous les repères de la vie sont stables mais alors quand tout change, quand une organisation différente est nécessaire, quand le contexte met à mal les sensibilités et les sens, il est vital de se tourner vers soi et de s'écouter... vraiment. Et pour cela, il faut se connaitre, sans quoi, les jugements sur soi, l'incompréhension et l'angoisse peuvent s'immiscer.
La chaleur, à elle seule, si elle est imprévue peut transformer les vacances en combat anxiogène: l'obligation de modifier les plans, de se replier parfois à l'intérieur, de supporter les sensations liées au corps qui surchauffe... Beaucoup de personnes neuroatypiques supportent très mal la chaleur. Alors... La chaleur est l'exemple facile... mais il en existe bien d'autres... La promiscuité avec la famille, les amis; le changement de routine; les rituels qui volent à la trappe, l'appropriation d'un nouveau lieu de vie pour quelques jours; un sommeil fragilisé, les mauvaises surprises: le bruit, les voisins, le monde, l'agitation, une vue trop chargée, l'organisation des repas dans une cuisine inconnue... Bref, tous ces aspects peuvent mettre à mal l'hypersensorialité, le besoin de prévisibilité et de repères, les fonctions exécutives... Si tout cela n'est pas simplement pris en compte en douceur, les vacances peuvent virer au cauchemar.
On peut passer des années à ressentir ce type d'inconforts pendant les vacances, en observant "les autres" profiter des leurs sans problème, simplement parce qu'on ne comprend pas ce qui se passe et, surtout, parce qu'on n'a pas identifié ses propres besoins pour les vacances, ayant tellement intériorisé une norme sociétale, culturelle, familiale. Se demander d'abord pourquoi on souhaite partir en vacances me semble essentiel. Le mot "vacances" vient de vacant, du latin vacans, participe passé du verbe vacare :
- être libre, inoccupé, vacant (comme une place, une maison…)
- être inoccupé, oisif (avoir du temps libre).
Dans notre monde, les vacances servent aussi à découvrir, lire, partager, jouer, visiter, marcher, rouler, manger, voir, voir encore, aller loin, parfois. c'est très stimulant tout cela. Même les abords d'une piscine ou un village animé peuvent être épuisants pour quelqu'un qui vit déjà dans "le trop" toute l'année. Et en fonction de notre liberté intérieure, on peut vivre plus ou moins mal ces injonctions extérieures.
Si l'on sait enfin qui on est, qu'on se donne enfin la liberté d'être soi, on peut choisir consciemment et au besoin, on ne part pas... Si on part, on peut tout adapter, jusqu'au bout du bout, même si cela ne correspond pas aux modèles. On ose s'isoler, sans culpabilité, on prend du temps pour soi seulement, oui oui, même si on est mère de famille ou partenaire. On se plonge dans ses passions sans regret, on écoute les oiseaux, le vent dans les arbres, juste cela si on veut... Et si on en a très envie, on visite, on marche, on joue, on lit, on roule, on mange :-))




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